Chemins, chemins,
Chaotiques, bordés
De fleurs étranges
Desséchées
Par la bise glaciale
Parsemés de vulgaires
Pierreries
Et de mortes branches
Jonchés de
L’éclat
De mes pensées
Folles, interdites
De mes coups
De cœurs arrêtés
Nets
Piétinés même
Jusqu’à plus
Sang

Chemins, chemins
Infinis
Invisibles
Equilibre précaire
D’un imaginaire
Inimaginable
Tortueux
A n’en finir que
Par la tête
Incendiée
D’une réalité trop
Restreinte
Aux mobiles
Insipides
D’un squelette
Anguleux, cassants
Terre légère
Fine
Entre mes mains
Sablier du temps
Ridées, crochues
S’écoule
Inlassablement en
Petits plis
Fantomatiques
Formés dans
Je ne sais quel dessein
Egrène
Imperturbablement le
Compte
A rebours
A remonter
Insurmontable
Telles les perles
De bile
Larmes de fiel
Ephémères
Vers la mort
S’écoulant
Et faire
Naître
Des coquelicots de haine
Aux larges
Pétales de
Sang
Sang serein
Sans souci
D’autrui ni
Des âmes
Avec furie
Qui s’élancent
Les unes contre
Les unes
Mélange de
Passion
Aveugle et
D’irréductible frayeur
Pétales de feu
Pétales de mort
Langues de sang
Langues d’amour
Effeuillés, effrités
Broyés, laminés
Langue de
Pétales
Crachats
Venin
Longues dents acérées
Déchiquetant
Mâchant
Brouillant

Chemins, chemins
Qui plus
N’êtes les miens
Qui
Arrêtez !
M’enroulez
M’écrasez
Chemins, chemins
Tueurs
Serpents
Lianes vengeresses
Terre
Envolée
Souillée
Hors du Sablier disparu

Chemins –
Moi
Vides bordures
Accrochée
Epines ensanglantées
Déchirantes

Chemins, chemins
Bord du gouffre
Escarpés
Truffés
D’obstacles
Néant plus
Maintenue.