Il y a les amies, les meilleures amies, et puis
Il y a l’Amie, le double, l’extension
Différente et gémellaire
LA Meilleure Amie
Celle qu’on ne quittera jamais

Parce qu’elle est le cœur
Parce qu’elle est l’âme

Tu es, a été, cette Amie-LA
Première parmi les premières
Unique dans le tout
Unique parmi tous

Celle qui ouvrit mon livre corné
Celle qui m’éduqua à la confiance. Naturellement
J’étais l’anxiété enrobée de feux multicolores
Avec toi j’étais moi, librement, simplement
Ton miroir me magnifiait
Ta confiance et ton originalité me donnaient des ailes
Le mien te réfléchissait amazone, généreuse, grandiose

Les chemins de la vie ont fait leur office
De voies de traverses en ornières
De sens interdit en cul-de-sac
Le lien s’est alourdi des Autres
Toi à un bout, moi à l’autre
Entre nous, une foule puis une multitude
Chacune vers de nouvelles aventures,
Explorant de nouveaux terrains de jeux
Goûtant à l’ivresse de la page vierge

Elastique amolli, nœud de laine, torticolis de routes
Trop éloignée de ton miroir
Mon reflet se gondole, s’amenuise, j’y fais tache de tain
J’ai pris l’élastique à bras de pénitence,
Tenté de nous reconnecter avec maladresse et sans lexique
La partition était perdue
Comme la partie
L’élastique flotte, claque, se relâche, repose,
Je supplie pour un moment à passer ensemble
J’insiste pour une rencontre
Un ciné, une expo, n’importe quoi, ce que tu veux,
Je propose, suggère, essaye, me mets à disposition

 

Et j’écoute
Et j’entends
Et j’analyse
Et
Je réalise
Et
Je comprends
Mon miroir ne vaut plus suffisamment
Sans intérêt pour Celle que Tu Es
Tu me cases sans me voir ni appel
La couverture du livre a trouvé son juge, les maladresses leur censeur
Je suis ton souvenir d’une jeunesse révolue,
D’un film trop vu, de découvertes existentielles,
De rites de passage, de douleur, de perte,
De rêves, d’hésitations, d’apprentissage

Je suis le souvenir chéri parce qu’il est au passé

Reine déchue, reinette sans royaume, pâle reine reniée

Sur l’honneur de l’Amitié, j’abdique et renonce
Je ne quémanderai plus Les moments volés
A ton temps précieusement surchargé,
Je t’absous de la contrainte du passé,
Te libère de ce Moi inopportun autant que malhabile.

16/11/2017